Alexei
Borisov / Erik Minkkinen / Matterlink
Etherreal

Artiste
extremement rare par chez nous, Alexei Borisov dont nous
parlons regulierement des productions discographiques
et notamment ses collaborations avec Anton Nikkila, etait
de passage sur Paris et invitait ce soir Erik Minkkinen
que nous n’avions pas vu en concert depuis bien longtemps.
Deux tres bonnes occasions de se deplacer jusqu’a la Societe
de Curiosites et de decouvrir du meme coup Matterlink.
Comme c’est generalement le principe a la Societe de Curiosites,
on joue avec des contours flous, les formations se croisent
pour en former d’autres, des rencontres inedites. La soiree
allait donc etre divisee en deux parties qui alterneraient
collaborations et solos.
C’est tout d’abord Matterlink (James June Schneider de
son vrai nom) et Alexei Borisov qui jouent ensemble. Matterlink
est plus videaste que musicien, mais sa pratique des arts
visuels s’apparente a la pratique musicale, samplant des
films en direct pour en rediffuser des boucles dont la
bande son, dialogues et bruitages, venait se meler a la
musique du Russe. Accord parfait entre les deux artistes,
Alexei Borisov ayant un son veritablement lo-fi, brut
et gresillant, qui se mariait a merveille avec ces extraits
de series TV de science-fiction des annees 70, Star Trek
en tete. Les deux artistes donnaient alors l’impression
de composer une abstraction de la bande son d’origine,
comme un collage, des superpositions de bruitages divers,
avec notamment les ondes radio et voix triturees de Borisov.
Au bout de quelques minutes, Matterlink s’efface et laisse
le Russe continuer seul. Il nous etonnera par la finesse
de son set, avec toujours des sonorites pas forcement
faciles d’acces, crades, pleines de gresillements et souffles
leur conferant plutot le statut de bruits, mais agences
intelligemment, avec un reel sens de la narration, amenees
par vagues. Une partie d’entre eux devaient etre enregistres,
peut-etre sur minidisc, permettant a l’artiste de terminer
avec une melodie de guitare repetitive et flottante, contribuant
a creer une ambiance, un univers.
Apres une petite demi-heure de pause on reprend avec Erik
Minkkinen qui ouvre cette deuxieme partie de soiree en
solo. De memoire, cela doit faire pres de cinq ans ans
qu’on ne l’avait pas vu sur scene, moins attire par le
projet Sister Iodine qu’on ne l’etait par Discom. Il se
produit ici a la guitare mais dans une posture plus proche
de l’impro sur guitare preparee que du guitar hero. Petits
pincements de cordes et grands coups donnes sur son instrument,
il delivrera un set court (une dizaine de minutes ?) mais
intense.
Il sera ensuite rejoint par Alexei Borisov et Matterlink,
le trio jouant alors une vingtaine de minutes. Apres la
premiere partie, on n’aura plus vraiment d’effet de surprise,
retrouvant le son de chacun des protagonistes : sifflements
et chuintement bruitistes, brefs frottements des cordes
pour des ebauches d’accords de guitare, et extraits de
films, le concert se terminant par une boucle jazz-blues
inattendue, rythmee par les bruitages electroniques de
Borisov.
Deux petits concerts, mais un immense plaisir de revoir
le Russe que l’on n’avait pas vu sur scene depuis son
passage au Batofar en 2001 lors d’une soiree Infamous
Labels. Il jouait alors en duo en tant que F.R.U.I.T.S.
Fabrice Allard
le 23/07/2009
http://www.etherreal.com/spip.php?article3254